Résumé des épisodes précédents

Célestin Meynard est à bout, ses nerfs le lâchent, il a miné l'ancienne carrière et menace de tout faire sauter. Le maire du village tente de prévenir ses amis disséminés un peu partout en Franche-Comté. Malgré les incitations de Soeur Marie-Madeleine, la capitaine de gendarmerie Moratti est à deux doigts de donner l'assaut.

Épisode n° 3


La tension monte à Sampans. Marie-Madeleine parlemente au porte-voix.

« Ne fais pas l'andouille, Célestin, on va voir avec l'assistante sociale, on va voir avec le médecin... »
Célestin n'est pas dupe : « Le sabre et le goupillon, c'est toujours la même chose, tu as bon cœur mais tu es du mauvais côté ! ».
A une soixantaine de kilomètres de là, Povlaski et l'ex-artificier Sissoko ont mis la main sur Ali Dundouche, une figure à Champlitte. Quand ils poussent le battant du Café de la Perle, celui qu'on appelle le Mexicain et qui est devenu président du club de pétanque, raconte ses expéditions caritatives ; comment il est tombé amoureux d'une lavandière du Yucatan et surtout le jour où il a retrouvé des haut-saônois dans l'Etat de Vera Cruz. Usés par ses tartarinades, deux jeunes gars s'épongent le front en tirant sur une blonde ; Sissoko et Povlaski s'avancent vers lui :

« Ali Dundouche ? fait Sissoko, tu me reconnais, au moins ? »
Ali pivote sur son tabouret. Ses chaussures touchent à peine le sol et il est en nage ; victime de la rotation, son ballon de rouge bascule et se désintègre sur le carrelage.

« Ali , fait le maire de Sampans,  votre ami Célestin a bourré la carrière de dynamite et il menace de faire sauter un bataillon de gendarmes. »
Le Mexicain n'en revient pas : leur amitié à Célestin et à lui remonte à juin 1961. Le peloton auquel Ali appartenait était tombé nez-à-nez avec quatre appelés paumés dans la nature. Des tirs de mortier avaient abrégé leur rencontre et Célestin et lui s'étaient retrouvés dans le même trou à trembler comme des feuilles. Quand ils s'étaient revus en 1965, ils avaient fait la fête. Et puis il y avait eu ce jour...
Sissoko pose une main sur l'épaule d'Ali :

« Dundouche, tu n'en as pas assez de toutes ces histoires ? Au lieu de t'apitoyer sur ton sort, tu crois pas que tu pourrais prendre la route de Besançon et prévenir la nièce de l'Abbé Paire : ce serait la moindre des choses, non ? »
Tandis que le 4X4 du maire de Sampans prit la direction de Belfort, la vieille Peugeot du Mexicain filait vers Besançon où vivait la fille d'un homme d'église et de coeur dont le nom était resté gravé dans l'histoire de la solidarité entre les peuples. (A suivre)


Enigme 3 :
Ali a sans doute servi dans son restaurant de jeunes clients mexicains descendants d'émigrés franc-comtois en visite dans la région dans le cadre d'un jumelage. Cette émigration a eu lieu au XIXème siècle. En quelle année exactement a-t-elle débuté ?